La valse du Pouvoir - Forum RPG

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Confrères de l'Ordre (FT Wulfrick Von Hodendorf)

La valse du Pouvoir - Forum RPG :: Le Palais Royal

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Blason de la famille Luptan
Coterie : Comté de Coeur-De-Pierre
Rang social / Titre : Comte, Maître de Guerre
Age : 36
Métier : Haut dirigeant de l'Ordre des Guerriers
Fiche : Siegfried Luptan
Journal : Journal de Siegfried
Situation familiale : Marié avec quatre filles
Nationalité : Alévienne
Divinité favorite : June
Le Palais royal était toujours aussi somptueux. Le faste avait quelque chose d’impressionnant pour les visiteurs, tout était fait pour qu’ils sachent d’emblée leur place par rapport au maître des lieux. Siegfried appréciait toujours le détail avec lequel l’architecture avait été agencée, chaque élément avait son importance dans l’ensemble. La seule chose qu’il trouvait un peu gâché était le beau tapis qui se retrouvait immanquablement sali par les innombrables bottes qui passaient dessus.

Mais le Comte Luptan n’était pas là pour admirer les lieux : il voulait s’entretenir avec le garde du corps du roi, le fameux Wulfrick Von Hodendorf. En tant que membres du Cercle Intérieur de l’Ordre des Guerriers, les deux hommes s’étaient déjà entretenus par le passé pour diverses affaires d’ordre militaire. Bien sûr, le garde du corps du roi opérait hors de l’armée au vu de ses prérogatives, mais cela n’empêchait pas d’avoir une certaine expérience du combat en général.

Siegfried voulait ici clarifier une ou deux choses avec Wulfrick, étant donné les remous au sein de la noblesse. Il appréciait le champion et voulait éviter au plus tôt un éventuel souci de communication ou d’interprétation qui aurait pu être dommageable. Il ne croyait pas du tout que le vieil homme soit l’amant potentiel de la reine, il avait beaucoup trop d’honneur et de respect pour son roi pour s’abaisser à ça.

Néanmoins, la situation devait sans doute le courroucer, et le responsable allait certainement avoir du souci à se faire si Wulfrick apprenait le fin mot de l’histoire. Bon, il n’allait tout de même pas faire justice lui-même mais vu sa carrure il pouvait en intimider plus d’un… Dans tous les cas, c’était quelqu’un avec qui il valait mieux arrondir les angles en amont plutôt que dos au mur.

Le Comte fit donc mander le Garde du corps royal, et l’attendit dans l’un des halls du palais. Normalement Wulfrick devait avoir un peu de liberté dans l’immédiat, mais Siegfried espéra qu’il avait un peu de temps devant lui avant de retourner auprès du roi, car il serait dommage de devoir interrompre la discussion en plein milieu.
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Rang social / Titre : Baron
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Wulfrick fronça les sourcils lorsqu'un valet entra dans la pièce. Il s'était retiré dans ses quartiers, dans la petite pièce attenante à son bureau où se trouvaient son armure et ses armes. Il y avait là une large table de bois au verni abîmé et repassé sur laquelle était étendue une cotte de mailles et un large pot empli d'un liquide noirâtre et gluant. Wulfrick était installé là, occupé à huiler lui-même et avec attention cette cotte qui l'avait protégé tant de fois.

Levant à peine les yeux de son travail, il lança un regard mi-interrogatif, mi-réprobateur au jeune laquais. Celui-ci sembla se décomposer un instant et balbutia difficilement un charabia incompréhensible. Avec un soupir, Wulfrick reposa le pinceau dans le pot et se redressa tout en s'efforçant d'adopter un sourire encourageant. "Encore un petit bizûth qui a peur de se faire dévorer par le terrible champion du roi. Je n'ai pas si mauvaise réputation quand même, si ?". Cela eut l'air de marcher et l'autre retrouva un semblant de contenance. Avec un air d'excuse et un rictus crispé sur le visage, il tendit à Wulfrick un petit plateau d'argent sur lequel était posé un morceau de cire marqué d'un sceau. Il l'attrapa. Le comte Luptan. Grand maître de l'Ordre des Guerriers, frère d'armes de Wulfrick et - techniquement - son supérieur hiérarchique, encore que le comte soit suffisamment intelligent et diplomate pour comprendre qu'un homme tel que Wulfrick n'avait pas à recevoir d'ordres de lui. Le Grand maître était un homme franc et honorable, pour autant que Wulfrick pût en juger, et les deux hommes avaient l'un pour l'autre une estime mutuelle. Chacun s'occupait de ses affaires sans se mêler de celles des autres et ils collaboraient quand il le fallait.

Il leva de nouveau les yeux vers le serviteur.
"Où est-il ?
- Il est dans le hall des épées, monseigneur, il vous attend."
Wulfrick acquiesça. Si le comte l'attendait dans le hall, c'est que l'affaire n'était pas militaire ou, du moins, ne relevait pas de l'ordre, sans quoi il l'aurait fait mander au quartier général. Bon. Si le comte Luptan se déplaçait jusqu'ici pour le voir, il y avait peu de doutes quant au sujet de ses questions. Il allait falloir manœuvrer prudemment : il s'agissait de ne pas indisposer le comte, qui pourrait être un appui précieux dans les troubles qui se préparaient.

"Allez prévenir le comte que j'arrive, le temps de passer une tenue plus présentable. Dites-lui de m'attendre dans le salon bleu. S'il y a quelqu'un là bas, mettez-les dehors et veillez à ce qu'on ne nous dérange pas.
- Très bien monseigneur, mais madame de Guinville, la dame de compagnie de la Reine m'a demandé de...
- J'ignore ce qu'elle vous a demandé, mais cela pourra attendre. Si elle vous fait des reproches, dites lui que vous tenez vos ordres de moi et elle vous laissera tranquille. Si elle s'obstine venez me voir et j'arrangerai ça. Allez, maintenant."

Le valet s'inclina et s'en fut. Wulfrick se leva et appela son écuyer et lui confia le soin de finir le graissage. Lui-même sortit de la pièce pour enfiler une tenue convenable. Il n'avait pas le temps d'enfiler son armure, hélas, car il ne voulait pas faire attendre trop longtemps son invité. Il se vêtit donc d'une simple tunique, laissant sa tenue souillée d'huile aux bons soins des lavandières du palais, attrapa son épée et sortit pour rejoindre le salon bleu.
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Blason de la famille Luptan
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Alors qu’il regardait par la fenêtre en attendant une réponse, Siegfried entendit le serviteur revenir d’un pas rapide vers lui. Il se retourna pour lui faire face et écouter son message.

- Comte Luptan, messire Von Hodendorf est disponible et vous invite à l’attendre dans le salon bleu. Il vous rejoindra sous peu.

- Parfait, je vous remercie. Vous pouvez disposer.

Le serviteur ne demanda pas son reste et disparut dans les couloirs. Siegfried se dirigea donc vers la salle indiquée qui n’était pas si proche que ça. C’était ça le défaut des grands édifices, le temps de trajet à l’intérieur. Certains gardes du palais aimaient raconter que des domestiques s’étaient en fait perdus sans jamais retrouver la sortie, et vivaient désormais ici par défaut. Siegfried trouvait l’anecdote amusante.

Malgré tout, le Comte arriva au petit salon, qui manifestement était occupé jusqu’à il y a quelques instants : on entendait vaguement des protestations qui s’éloignaient. Il semblait que Wulfrick avait décidé de ne pas se compliquer la vie en compliquant celle des autres… Enfin, Siegfried n’allait pas plaindre, le salon bleu était assez confortable. Aussi entra-t-il puis prépara les lieux pour une discussion à deux. Une odeur indéfinissable flottait encore, il était préférable d’aérer… Il allait s’asseoir dans un fauteuil au moment même où le garde du corps entra dans la pièce. Le Comte salua donc son confrère.

- Bien le bonjour Wulfrick, c’est toujours un plaisir et un honneur de vous voir.
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Wulfrick rejoingnit rapidement le salon bleu. A son arrivée, il constata avec satisfaction qu'un garde du palais se tenait devant la porte. Celui-ci l'avisa et ouvrit en saluant. Wulfrick lui rendit son salut et entra.

Le salon bleu avait toujours été son préféré. Il était confortable et bien chauffé en hiver, et en même temps suffisamment enfoncé dans le palais pour être relativement à l'écart. Il était donc d'autant plus facile d'y avoir des conversations privées, loin des oreilles indiscrètes et dans un confort plus important que son bureau personnel.

Le comte était déjà arrivé, et Wulfrick alla à sa rencontre, lui rendant son salut.

- Bonjour, Siegfried. Le plaisir et l'honneur sont partagés.

Il alla au fauteuil en face de celui du comte et s’installa. Comme à son habitude, il ne se cala pas contre le dossier du fauteuil, préférant se pencher vers l'avant, les coudes posés sur les genoux. Il se trouvait ainsi plus près de son interlocuteur et il lui était plus facile de bondir sur ses pieds si le danger venait à survenir. Il regarda le comte et perçut chez lui la même réserve prudent qui l'habitaient.

- Je vous écoute. Si vous venez me voir jusqu'ici, j'imagine qu'il s'agit d'affaires d'importance, encore que je ne me vexerais pas que vous fussiez venu pour le seul plaisir de la discussion. Que me vaut donc l'honneur de votre présence ? J'ai mes idées à ce sujet mais je préfère vous laissez exposer vos raisons d'abord. Par ailleurs, au cas où la discussion viendrait à se prolonger, que je me suis assuré qu'on ne nous dérangerait pas.
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Blason de la famille Luptan
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Il était rare de voir le Champion du roi sans son armure. C’était un guerrier avant tout, aussi Siegfried dut réprimer un sourire en voyant entrer Wulfrick dans des habits plus classiques étant donné le décalage. Toutefois, même dans une simple tunique et un cadre privé, il était évident qu’il gardait ses réflexes : c’était, après tout, le principe même de sa fonction. Et comme à son habitude, il allait droit au but et avait prit les devants. Le Comte ne le fit pas languir et prit donc la parole.

- Haha, vous êtes toujours aussi perspicace. J’aurais apprécié simplement pouvoir parler avec vous, par les temps qui courent les discussions anodines sont une denrée rare… Mais oui, vous vous en doutez, c’est à propos des soucis que rencontre la famille royale.

Siegfried marqua une pause pour observer la réaction de Wulfrick. Contrairement au Comte, il devait se sentir personnellement impliqué dans l’histoire étant donné le temps passé aux côtés du roi. On ne voyait effectivement pas souvent l’un sans l’autre…

- La position du roi est secouée, les rangs de la noblesse sont perturbés, et il ne va pas falloir longtemps pour voir apparaître des ambitieux qui vont vouloir tirer leur épingle du jeu… Et ce en prenant sa majesté en défaut. Comme à chaque fois que quelque chose de notable se produit, la noblesse se fracture en factions. C’est malheureux mais inévitable.

Sur le principe, le Comte n’était pas contre des confrontations d’idées : un royaume uni est une chose, mais si tout le monde pensait exactement la même chose et avait le même avis, il n’y aurait pas de réel progrès. Cependant, les nobles n’avaient pas souvent les intérêts du pays à coeur, plutôt les leurs uniquement. Siegfried préférait évidemment en ressortir gagnant aussi, mais si le royaume périclitait, il allait tout autant en souffrir.

- Concrètement, je suis toujours partisan de sa majesté Louen, quelque soit la vérité sur cette histoire : rien ne change au fait qu’il est notre roi à tous, et qu’en conséquence nous devons lui rester loyaux. C’est également le cas du Duc Elias de Mortemer avec qui je me suis entretenu : nous avons décidé de nous unir contre tout éventuel complot à l’encontre du roi. Et comme votre position à vous, Wulfrick, semble évidemment similaire, nous voulions vous en faire part pour que vous sachiez sur qui compter dans la période troublée que nous allons traverser.

Siegfried avait expliqué le gros du sujet pour annoncer de but en blanc la situation. Ainsi, le garde du corps avait la majorité des informations importantes pour savoir sur qui pourrait théoriquement compter le roi. Bien évidemment, le Comte n’imaginait pas que Wulfrick le croie sur parole : des actes pour prouver ce soutien seraient sans doute nécessaire.
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En écoutant parler le comte, Wulfrick eut un moment de surprise et de contrariété. Il n’en laissa rien paraître pour autant, mais quelques mots de son interlocuteur l’avaient interpelé. « Je suis toujours partisan de sa majesté Louen » avait-il dit, comme si cela n’était que temporaire, comme s’il pouvait en aller autrement dans un futur proche. La suite de la discussion le rassura largement néanmoins, mais pas totalement.

Les informations apportées par le comte, en effet, n’étaient pas toute positives. Wulfrick était habitué aux errements de la noblesse du royaume et à leurs allégeances changeantes, mais il n’avait pas souvenir, dans un passé proche, d’un moment où deux seigneurs aussi importants que Siegfried Luptan et Elias de Mortemer avaient été contraint de former une ligue secrète loyale à leur suzerain. Il y avait un côté rassurant à voir ces deux grands féodaux faire bloc autour du roi, fut-ce discrètement ; et un aspect inquiétant à ce qu’ils l’estimaient nécessaire.

Wulfrick, par ailleurs, était un trop vieux renard pour prendre pour argent comptant la parole de quiconque, aussi honorable fut-il. A ses yeux, les nobles agissaient uniquement dans leur intérêt propre et n’auraient eu que faire du roi et de l’unité du royaume s’ils ne leur avaient été nécessaires pour assurer l’ordre et la sécurité de leurs terres. Siegfried avait par le passé montré un certain zèle à l’accomplissement de la volonté royale, et son poste de commandant des armées faisait de lui une cible de choix en cas de coup d’Etat, mais cela ne voulait pas dire qu’il agissait maintenant par loyauté. Wulfrick voyait bien son intérêt dans l’affaire : en proclamant sa loyauté au roi, il évitait d’être soupçonné de trahison tout en s’assurant de sa protection.

Pour autant Wulfrick ne considérait pas le grand maitre comme un lâche ni comme indigne de confiance. Il soupçonnait qu’il y avait chez lui plus que de l’intérêt à défendre sa place, mais également une véritable loyauté à l’égard de la famille royale et il fut rassuré d’avoir le soutien de deux seigneurs fieffés si les choses devaient tourner mal. En ces temps de crise, un homme qui avait les mêmes intérêts que vous était un ami et celui qui partageait vos loyautés était un frère.

- Je suis heureux d’avoir la confirmation que vous êtes un homme fiable et honnête, Siegfried, non que j’en ai douté un seul instant. Je ferai part de votre loyauté au roi, il en sera ravi, soyez-en sûrs. Pour autant, je ne suis pas certain qu’il mesure à sa juste valeur la gravité de la situation. Il ne croira jamais à la possibilité d’une révolte ouverte. Avez-vous quelque soupçon ? Peut être des noms de nobles à surveiller. Il pourrait les faire venir à la cour, pour garder un œil sur eux. Ou que je le fasse moi-même.

Il se renfonça quelque peu dans son siège, réfléchissant un instant.

- Plus que l’action des nobles, c’est l’inaction du roi qui risque d’être dangereuse. Il faut à tout prix l’éclairer sur la situation. Je vais essayer de vous obtenir une entrevue avec lui, si vous le souhaitez. Le fait que la situation vous inquiète suffisamment pour vous allier à Elias de Mortemer et pour venir m’en parler personnellement l’alarmera peut-être.


Il se leva et se mit à faire les cent pas.

- Avez-vous déjà décidé de quelque chose à entreprendre ? Ou attendez-vous de voir comment la situation évolue, peut-être ? Quoi qu’il en soit, il nous faut rester à l’affut.
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Blason de la famille Luptan
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De façon prévisible, Wulfrick était visiblement contrarié : il voulait déjà se lancer dans une chasse aux sorcières dans la noblesse. Difficile de le blâmer au vu de ses responsabilités, mais Siegfried trouvait tout de même qu’il allait un peu trop vite. En tout cas, le Comte préférait laisser la paranoïa au garde du corps royal, une chose dans laquelle il était particulièrement compétent depuis tout ce temps au service du roi. Toujours installé dans son fauteuil, le visage sérieux, Siegfried répondit :

- En l’occurrence, je ne pense pas qu’une révolte ouverte se ferait sans signe avant-coureur. La tension est palpable, mais pour l’instant rien n’a l’air déjà lancé… Bien que ça puisse n’être qu’une question de temps. Nous n’avons d’ailleurs aucune personne que nous soupçonnons de félonie pour l’instant, étant donné que nous nous sommes alliés il y a peu. Il va falloir ouvrir l’oeil, sans nul doute.

Cela dit, il y avait du positif pour le Comte dans la réaction du Champion : il était apparemment le premier à venir le consulter sur l’affaire, aussi était-il plus légitime que s’il était arrivé après que des troubles aient commencé. Il ne s’attendait par contre pas à être invité à rencontrer sa majesté en privé ; ce n’était d’ailleurs jamais arrivé jusque là, car les seules fois où Siegfried avait discuté avec le roi, il se trouvait avec d’autres conseillers pour les affaires du royaume.

- Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a urgence mais seulement que c’est une éventualité à court ou moyen terme. Mettre sa majesté en garde est une bonne idée, cependant il ne faudrait pas qu’il se mette à s’inquiéter de la moindre action de la noblesse. Mis à part ça, je considère que nous devons être prêts avant tout et observer les mouvements de l’échiquier politique, comme vous dites. Est-ce que de votre côté vous sauriez comment s’assurer de la bonne foi des autres nobles ?

Le Comte se renfonça dans le siège en se pinçant le nez. Ah, qu’est-ce que les intrigues à la cour pouvaient être agaçantes… Encore heureux que le royaume n’avait pas trop de troubles avec ses voisins en ce moment : un conflit avec l’étranger serait particulièrement délicat si la haute noblesse était prise dans des luttes intestines.
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Mettre le roi en garde était la chose à faire, WUlfrick en était certain. C'est pour cela qu'il avait pensé proposer à Siegfried une entrevue avec le roi. Mais il avait oublié un détail : le comte Luptan ne connaissait pas le roi aussi bien que lui. Etant son champion, Wulfrick savait que le roi pouvait être trop naïf et lent à prendre des décisions. Il fallait l'alarmer, ne pas lui cacher la gravité de la situation, où du moins la gravité future si les rumeurs n'étaient pas calmées rapidement. Des mots comme "pour l'instant rien n'a été lancé; nous ne soupçonnons personne de félonie; il n'y a pas urgence" étaient autant d'assurances de l'inactivité du roi.

Fondamentalement, le comte avait raison bien sûr : la situation n'était en rien catastrophique. Pour l'instant. Cependant si l'on voulait que les choses restent en l'état, il allait falloir une intervention rapide et ferme. Tout ce qui pouvait faire douter ou hésiter le roi devait rester loin de lui. Il ne pouvait pas, du reste, admettre sciemment devant Siegfried qu'il voulait présenter une vision biaisée de la situation au roi. La noblesse ne comprendrait pas, on l'accuserait de trahison et le roi plus encore que lui n'avait pas besoin de ça.  Si Siegfried ne voulait pas alarmer le roi, il ne devait pas le voir, au risque d'apaiser ses craintes par des avertissements trop mous.

- Comte Luptan, nous allons devoir jouer serré. Je ne doute pas que la noblesse attende le moment opportun pour agir et qu'elle ne bougera pas avant, mais je suis également sûr que de graves troubles seront à prévoir au moment où il sera atteint. Pour l'instant, je pense que notre meilleure arme est la surprise. Nous devons garder profil bas, faire comme si de rien n'était, ne prendre aucune mesure de rétorsion à l'égard des discours séditieux. Mais enquêter par contre, sonder, tenir les noms des chefs potentiels et des contestataires, de manière à pouvoir frapper fort quand nous le déciderons.

Voilà pour le premier point, songea-t-il, mais il reste beaucoup à faire. Et Siegfried pourra m'être utile.

- D'autre part, nous devons profiter de votre influence à la cour. Immergez-vous dans sa fange, laissez vous porter par les courants de la conspiration et de la trahison. Montrez-vous critique à l'égard du roi s'il le faut. Si vous parveniez à vous fondre dans la masse des traîtres potentiels, vous nous seriez d'une aide précieuse. Pensez-vous pouvoir prendre ce risque pour votre roi ? Je crois savoir que vous ne goûtez guère les intrigues, aussi vous faudra-t-il faire preuve d'adresse pour ne pas éveiller les soupçons. De mon côté, je vais m'intéresser aux rapports des diplomates et espions, si j'arrive à mettre la main dessus. Tout ce qui manque serait que les Alévites nous tombent dessus maintenant, ou les Jordhiens.
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Blason de la famille Luptan
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Age : 36
Métier : Haut dirigeant de l'Ordre des Guerriers
Fiche : Siegfried Luptan
Journal : Journal de Siegfried
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Sur le premier point, Siegfried était d’accord avec Wulfrick. Son alliance avec Elias était déjà potentiellement intrigante pour les autres nobles, ainsi il ne voulait pas s’exposer plus encore. Ils auraient ainsi l’air bien plus sur la défensive avec le Duc, désirant se protéger des troubles qui parcouraient la noblesse plutôt qu’un réel parti pris pour le roi. S’informer en secret était quelque chose qui lui convenait fort bien. En revanche, le Comte ouvrit grand les yeux à la requête du garde du corps. Venait-il vraiment de lui demander de se parjurer ? De se prétendre traître à la couronne ? Il n’en revenait pas. Les périls d’une telle entreprise étaient nombreux et tant de choses pouvaient mal se passer… Siegfried réagit avec une certaine véhémence.

- Je vous prie de m’excuser, mais vous voulez que moi, le conseiller militaire du roi, je prétende être un traître ? Vous rendez-vous compte que ce genre de manoeuvre peut mal tourner de bien des manières ? Déjà oui, je préfère rester loin de ces histoires même si la situation va demander à ce que je sois plus actif, mais à ce point ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Mais surtout, projetons-nous dans le futur un instant : les véritables dissidents sont exposés et décident de me dénoncer également. Je clame mon innocence, et vous me soutenez dans cette version, soit. Mais là, il y a de fortes chances à ce que je sois définitivement marqué comme un opportuniste qui a retourné sa veste, quelqu’un qui joue sur tous les tableaux, ou même comme quelqu’un dont on ne peut jamais être sûr de la loyauté.

Le Comte se calma un peu. Il n’avait là que donné une possibilité qui tenait compte de deux choses : d’abord que lui-même, en prétendant être un traître, n’avait pas agi du tout à l’encontre du roi pour par exemple prouver sa volonté de trahison. Et aussi qu’il serait vraiment soutenu dans sa version des faits ; il avait confiance dans le Champion, mais si jamais il mourrait entre temps, qui pourrait réellement confirmer les dires de Siegfried ?

- Imaginez maintenant juste pendant ces intrigues de nobles. A qui puis-je réellement me confier, et comment ? A mes alliés, je dois dire “Ne vous en faites pas, je prétends être un traître mais en fait je suis loyal” ? Et à ma famille ? Non, je suis navré Wulfrick, mais ce n’est pas quelque chose que je suis prêt à faire.

Peut-être que d’autres nobles seraient enclins à prendre ces risques mais Siegfried se disait que lui-même ne pourrait pas leur faire réellement confiance. Wulfrick semblait enclin à aller loin pour neutraliser tout risque à l’encontre du roi, même si cela en coûtait à d’autres alliés...
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Rang social / Titre : Baron
Age : 47
Métier : Champion du Roi
Fiche : Ma fiche
Situation familiale : Veuf, chef de famille, sans héritier.
Nationalité : Alévien
Divinité favorite : June
Wulfrick comprit qu'il était allé trop loin. Lui même était prêt à prendre tous les risques pour sauver son roi du danger, fut-ce au prix de sa vie et de sa réputation et cela lui faisait parfois oublier que les autres nobles avaient parfois des priorités différentes.

- Je vois que je vous ai blessé, Siegfried, et je m'en excuse. Ces années de solitude et de dévouement m'ont fait oublier les préoccupations de mes confrères. Je n'ai moi même ni terre à transmettre, puisqu'elle ira au roi à ma mort, ni filles à protéger, ni réputation à défendre. Cela m'a fait perdre de vue vos impératifs, et je m'en excuse.

Wulfrick s'abaissait rarement à de telles excuses. Il était connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche et pour moucher sans frémir ses interlocuteurs. Qu'il le fasse auprès de Siegfried était de sa part une marque de respect importante.

- Ne croyez pas, par ailleurs, que je doute de votre honneur et de votre fidélité. Je conçois que ma proposition vous ait froissé et je le regrette. Ne parlons plus de cela, qui serais-je pour reprocher à un homme de ne pas vouloir de risquer flétrir son honneur ? Tout cela vous mettrait dans une position intenable et dangereuse, c'est entendu. Je suis déjà plus qu'heureux de vous savoir dans mon camp. Votre présence ici aujourd'hui signifie beaucoup, et croyez bien que lorsque tout cela sera fini, je pèserai de tout mon poids auprès du roi pour que votre rôle soit reconnu à sa juste valeur.

Il savait que le comte n'était pas venu ici pour de la reconnaissance, mais par fidélité. Voir ses actes reconnus ne faisait jamais de mal pour autant. Il estimait avoir fait ce qu'il pouvait pour rassurer son interlocuteur, restait maintenant à planifier l'avenir.

- Reprenons donc depuis le début. Vous-même et Elias avait formé une ligue secrète contre les ennemis du roi, les choses dussent-elles dégénérer, vous serez prêt. Je ne vous demanderai donc que d'ouvrir l’œil au sein de notre ordre, et je ferai de même bien sûr. Nous serons probablement amenés à reparler de cela à l’avenir et je pense qu'il faudra le faire au quartier général de l'ordre, pour ne pas éveiller les soupçons. Faisons, en tout point, comme si de rien n'était.

Wulfrick se leva et tendit sa main au comte. Il avait en face de lui un allié de poids, songea-t-il, pour peu qu'il puisse réellement compter sur lui. La confiance était une denrée rare, hélas, en ces temps troublés.
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