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Un noble repas (FT Scipio de Rem)

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Message  Un noble repas (FT Scipio de Rem)  par Siegfried Luptan le Jeu 20 Sep - 13:56
Blason de la famille Luptan
Coterie : Comté de Coeur-De-Pierre
Rang social / Titre : Comte, Maître de Guerre
Age : 36
Métier : Général en Chef
Fiche : Siegfried Luptan
Journal : Journal de Siegfried
Situation familiale : Marié avec quatre filles
Nationalité : Alévienne
Divinité favorite : June
La taverne de la Biche Blanche était un bel endroit propre et bien entretenu. Généralement, c’étaient plutôt les bourgeois qui venaient y manger ou boire, l’apparence allant de pair avec des prix plutôt élevés. En revanche, il était plutôt rare d’y croiser des gens de la noblesse, ceux-ci préférant fréquenter des restaurants de haut standing ou des clubs privés.

De fait, la visite de Siegfried Luptan en ces lieux surprenait tous les clients, sans parler du propriétaire des lieux. Mais le comte voulait profiter de son passage en ville pour découvrir un peu quelle était la référence du peuple en terme de “bonne cuisine”, et ayant entendu parler de la qualité des plats de l’établissement avait décidé de tester sa réputation. Bien évidemment, il avait amené deux gardes avec lui : il n’était pas là incognito et ne se mélangeait pas simplement au peuple juste pour paraître plus proche de celui-ci. Siegfried voulait simplement une nouvelle expérience culinaire, potentiellement des recettes à ramener dans son Comté si un plat se révélait suffisamment intéressant.

Son arrivée dans la taverne avait provoqué une vague de silence à laquelle le comte n’avait pas prêté attention. Il s’avança d’un pas tranquille dans la salle alors qu’un homme aux cheveux grisonnants approcha d’une manière mélangeant respect, crainte et prudence. L’un des gardes de Siegfried lui lança un regard qui indiqua efficacement et simplement qu’il était assez proche du comte comme ça ; il s’agissait apparemment du patron de l’établissement. Siegfried mit donc fin au silence pesant :

- Bonjour tenancier. Je voudrais une table seul ainsi que le meilleur repas que vous pourrez préparer. Je n’ai pas de préférence, évitez simplement de mettre du poivre. Et je prendrai un bon vin rouge avec, je vous remercie.

Le tavernier ne se fit pas prier et conduisit le noble sans tarder jusqu’à une table bien décorée un peu à l’écart des autres clients qui jetaient sans arrêt des coups d’oeil dans leur direction. Il s’assura que tout était parfaitement propre avant de laisser Siegfried et de se diriger vers la cuisine. Une fois le comte assis, les discussions reprirent progressivement dans la taverne, toutefois plus proches du murmure que du volume d’une conversation normale. La présence des gardes et leur manie de balayer la salle du regard coupaient probablement l’envie de faire du bruit qui pourrait déranger leur employeur. On avait rarement vu des gens couper aussi prudemment leur viande de peur de faire crisser un couvert sur le plat…

Siegfried trouvait que son siège manquait un peu de confort, étant donné qu’il était habitué aux chaises à coussins ; cela dit il ne s’en formalisa pas outre mesure car après tout, il savait à quoi s’attendre en venant ici. Il promena tout de même un oeil critique sur l’ensemble de l’établissement, quelque peu amusé de la vivacité des autres clients à se concentrer sur leur assiette lorsqu’il regardait dans leur direction.

Il aurait sans doute pu exiger un service rapide, mais d’une part sous la pression le repas aurait pu en pâtir, et d’autre part il y avait fort à parier que le tenancier voudrait de toute façon éviter de le faire attendre le plus possible. Le repas qui s’annonçait serait-il à la hauteur de ses attentes ?
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La cuisine de La Biche Blanche étaient toujours bien organisée et propre, même au plus fort des coups de feu. Scipio était intraitable là dessus, et ses deux aides de cuisine l'avaient vite compris malgré le silence constant de leur maître coq. Clovis et Célia n'avaient pas souvenance de l'avoir entendu prononcer un mot en un an, mais ça ne l'avait jamais empêché de se faire comprendre en cuisine. Très vite les deux gamins s'y étaient fait et avaient appris à se faire aux gestes qu'employait le cuisinier plutôt que ses mots. Ils passaient tous les deux volontiers sur ce discutable défaut, il ne frappait pas, jamais, tout mécontent qu'il fut, ce qui n'était pas le cas de tous ceux qui exerçait sa profession, ils le savaient. Et ils avaient le droit de manger les restes des plats du jour, quand il y en avait, et même sans cela Scipio leur gardait une assiette au chaud et les laissaient manger sur la grande table de la cuisine, une fois qu'ils avaient finis avec leurs tâches à la fin de la journée, pendant qu'il achevait de tout remettre en ordre de son côté et s'occupait de la bande de chats qui venaient mendier à la porte nourriture et caresses.

Tout ça valait bien de passer sur cette avarice extrême de mots, à croire que cela lui coûtait des années de vie. Ils étaient bien traités et le cuisinier s'il se montrait exigeant n'en devenait jamais tyrannique. Ils s'estimaient tous deux extrêmement chanceux de travailler sous sa houlette et auraient fait la fine bouche si jamais on leur avait proposé d'échanger leurs places avec celles d'autres commis de cuisine dans la capitale.

Ils étaient en train de faire en sorte que le lieu reste propre et que la vaisselle sale ne s'entasse, pendant que Scipio s'occupait de vérifier la cuisson des plats et de dresser des assiettes que la serveuse venait emporter et servir aux clients; Lorsque que le tenancier entra un air légèrement paniqué et fébrile sur le visage.

-Gamin ! T'as intérêt à te surpasser là, de suite, devine qui on a à une de nos tables !

Bien sûr aucune réponse ne vient du jeune homme brun qui se contenta de pencher un peu la tête sur le côté pour signaler sa curiosité au vieil homme , qui de toute façon était déjà parti sur la suite sans attendre une quelconque réaction de son interlocuteur. Célia et Clovis se rapprochèrent un peu pour mieux entendre.

-Un noble, et pas un petit morceau !

Scipio sentit la peur le prendre au ventre et le tordre, une petite voix vicieuse lui soufflait à l'oreille que les vacances pouvaient très bien s'arrêter maintenant, qu'il n'allait pas tarder à retrouver le sol et les coups... Il essaya de se rassurer, un noble, ça ne voulait pas forcément dire le Comte de Rem, et puis son père n'était pas un si gros morceau que cela… Et au demeurant s'il s'agissait vraiment de lui, Scipio l'aurait certainement sut depuis un moment. Il serait déjà mort ou avec un os ou deux brisés. Il pouvait se détendre, au moins un peu...

-Il va falloir y mettre tout ton talent, Le Taiseux, le client te laisse libre de lui préparer ce que tu veux, il a juste demandé à ce que ne soit pas trop poivré et servi avec un bon vin rouge. Je te laisse dans ton royaume, mais ne le fait pas trop attendre non plus.

La cuisine reprit le pas sur le reste pour le jeune homme, déjà il réfléchissait à ce qu'il pourrait faire pour contenter les exigences de ce seigneur, et lui en mettre plein les mirettes au passage. C'est qu'il avait sa fierté le petit, si la noblesse daignait descendre avec le peuple pour goûter à sa cuisine autant lui en donner pour son argent. D'un geste il fit signe à ses deux commis agités comme des puces de cesser et de reprendre le travail, confiant le dressage des dernières assiettes à Célia.

Pour du vin rouge de la viande de la même couleur irait, à la rigueur certaines parties du porc, mais on excluait d'emblée le poisson. De plus il ne pouvait pas se permettre de le faire trop attendre non plus en préparant quelque chose d'entièrement original du plat au menu du jour. Il allait falloir composer avec une partie au moins… Il eut alors une idée, sans plus attendre il se rendit dans le cellier d'où-t-il revient avec un pot de miel, du sésame et du piment. Désaller du boeuf aurait été trop long, il allait revisiter le poulet qui lui restait et qui n'était pas encore cuit.

D'un geste expert il en débite des morceaux qu'il coupe ensuite en lamelles rectangulaire, qu'il recouvrit généreusement de son mélange de miel, moutarde, graine de sésame, avec une pointe de piment fraîchement moulu avant de les mettre au four.

Bien ça, c'était fait ! Il servirait le tout avec les pommes de terres sautées avec du thym et du romarin et ses gousses d'ail confites. Et ce serait parfait. Ne restait qu'à voir pour le dessert… Hum, voyons voyons… Bon la part de tarte aux cerise avec sa crème fouettée irait très bien. Scipio avait préparé lui même la confiture de cerise, et elle était exquise. Du genre que l'on mangeait sans ciller à la petite cuillère sans pain.Tout comme la pâte sablée qui était dorée et cuite à point. Simple, mais délicieux.

Le jeune homme retourna son poulet pour la seconde moitié du temps de cuisson, pour que celle ci soit bien uniforme et que le miel caramélise bien des deux côtés.

Ainsi au bout d'une demie heure le jeune homme sorti le poulet au miel du four, dans une délicieuse odeur de caramel et de sésame grillé. Le poulet était fondant sous une couche craquante. Scipio dressa l'assiette avec les pomme de terre dorées et parfumées au thym et au romarin, et quelques gousses d'ail confites à souhait. Dès qu'il eut fini de la dresser, Clovis s'empressa de prévenir le patron, se doutant qu'il tiendrait très certainement à servir lui-même le plat au noble, à raison.

L'assiette partie bien rapidement en salle, ne restait plus à voir si les papilles du noble apprécieraient ces délicates attentions.
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Fiche : Siegfried Luptan
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En attendant l’arrivée de sa commande, Siegfried avait sorti son carnet personnel afin de noter quelques questions d’importance qu’il aurait besoin d’aborder pendant son séjour. En premier lieu, toute cette histoire sur l’amant possible de la Reine qui remuait toute la cour… Rien que ça allait être un sujet de taille. Et aussi les négociations sur les caravanes marchandes qui traversaient la chaîne des Trois-Pics. Sans compter l’entretien avec le Roi sur la gestion des armées. Après ces quelques notes, le Comte referma et rangea son carnet dans la poche. Il allait tenter de profiter au mieux de cet instant calme loin des affres de la noblesse.

Cependant, il finit par trouver le temps long. Il fallait dire que la plupart du temps, les repas était quasiment déjà prêts avant même qu’il ne s’installe à table, aussi ne connaissait-il pas grand chose des difficultés culinaires des plats les plus avancés ; si bien qu’il commença à pianoter lentement sur la table de sa main gauche. Son impatience avait probablement été remarquée par le gérant, qui lui apporta très vite la boisson demandée. Siegfried lu l’étiquette sur la bouteille de vin, hocha la tête en signe d’approbation et laissa le tavernier ouvrir la bouteille et faire le service. Ses deux gardes observèrent suspicieusement l’action, histoire de s’assurer que rien d’autre que du vin ne se retrouve dans le verre de leur maître. Bien sûr, un individu déterminé aurait pu empoisonner le breuvage dans la bouteille, mais s’il fallait s’inquiéter de tout à ce point, on ne pourrait plus vraiment profiter de la vie.

Le Comte prit un certain temps à finir son verre, buvant le vin à petites gorgées, savourant l’ensemble en bouche tel un oenologue expert. En vérité, Siegfried ne maîtrisait pas beaucoup l’art de la dégustation, mais ce genre de petite prétention était incroyablement répandue dans l’aristocratie et cela avait une certaine tendance à impressionner les non-initiés du peuple.

Il se mit à flotter dans l’air une douce odeur qui intrigua un peu Siegfried. Le sucré-salé était un équilibre délicat qui pouvait se révéler aussi bien succulent que tristement dégoûtant. Le Comte commença à avoir l’eau à la bouche, au vu des promesses de tous ces éléments Malheureusement, dans tous les cas le fameux plat tant désiré tardait à arriver. Les gardes remuaient un peu à intervalles réguliers, étant donné leur position debout continue, alors que Siegfried s’était rabattu sur le dossier de sa chaise et regardait fixement la porte de la cuisine.

La longue attente cessa enfin quand le tenancier apporta une grande assiette de laquelle s’échappait un fumet fort délicat. L’apparence du plat fut tout aussi appréciable, le cuisinier ayant visiblement réussi à rendre l’ensemble esthétique ; il ne restait plus qu’à goûter pour découvrir si la saveur était aussi au rendez-vous. Siegfried piqua un morceau de poulet de sa fourchette alors que le gérant se tenait juste à côté, l’anxiété de l’attente du résultat visible sur son visage. Il porta le morceau à sa bouche et…

L’assiette fut terminée en bien moins de temps qu’il n’avait fallu pour la préparer. Le Comte s’était délecté du plat, succombant à la cuisine de haute gamme particulièrement maîtrisée. Il avait rarement mangé quelque chose d’aussi délicieux en dehors des véritables festins royaux des grandes occasions, bien qu’il ne l’avoua pas tout haut. Tout de même, le chef avait vraiment mit le paquet dans la réalisation, aussi fallait-il lui rendre honneur : un tel talent méritait bien des louanges en personne.

- Eh bien, tenancier, je me dois de reconnaître que c’était exquis. Excellent travail, et je ne suis pas homme à complimenter à la légère. Serait-il possible de voir le cuisinier qui est derrière cela, je vous prie ?
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Le tenancier resta tendu tout le temps que mis Siegfried Luptan à manger le contenu de son assiette. Scipio ne l'avait jamais déçu en un an, mais Khel savait ce qui pouvait bien passer par la tête des nobles par moment… Mais le Comte ne se plaint pas, il mangea en silence son plat qui disparut bien vite. Comme de très nombreux clients de La Biche Blanche il ne restait plus que quelques miettes vestigales, témoins de ce qui fut autre fois leur repas avant qu'ils ne le dévore à pleines dents et avec plaisir.

Les qualificatifs mélioratif qu'il employa ravirent le vieil homme, s'il avait autant apprécié ce que l'on servait nul doute qu'il ferait grande gorge de l'établissement et cela pouvait attirer une toute nouvelle clientèle prestigieuse. Très prestigieuse même. Ce ne pouvait qu'être une bonne chose pour les affaires.

-Mais certainement, votre seigneurie, je vais prévenir notre cuisinier sur le champ. Mais, je vous en prie … ne vous indignez pas s'il ne dit pas grand chose, il est naturellement guère loquace, très timide. Il ne cherchera nullement à vous offenser, c'est un brave garçon.

Il prévient avant d'aller chercher le jeune homme; nul besoin de créer un incident sur un soucis de communication, mieux valait prévenir avant que tout soit au clair. Les deux petits commis sursautèrent un peu d'impatience en le voyant entrer en cuisine. Et le sourire qu'il affichait ne fit que les surexciter encore plus.

-Très bon boulot, gamin ! Je savais que tu ne me décevrais pas !

Scipio avait un petit sourire satisfait et sans surprise tout en essuyant ses mains sur un torchon. Il savait ce qu'il valait en cuisine, que le noble client n'ait pas apprécié son plat voilà qui aurait véritablement été stupéfiant.

-Il a tellement apprécié qu'il veut te voir ! Ne t'inquiète pas, je lui ai dit que tu n'étais pas un bavard.

Ah, ben merde… C'était pas au programme ça… Il avait pas prévu que le noble veuille le voir, il fallait croire qu'il avait trop bien fait son boulot… Et il se retrouvait par la même dans une situation assez périlleuse… Certes, ses parents ne l'avaient jamais mis en avant, bien au contraire même, mais il suffisait que le noble qui mangeait à quelques mètres de là l'ait aperçu un jour avant qu'il parte… Qu'il le reconnaisse… Ou pire, que ce soit un des amis de son père !

-Hey, gamin, tu m'entends ? Il faut pas le faire attendre trop longtemps le seigneur ! Allez, hop hop, t'es plus réactif d'habitude, petit !

C'est vrai, dans tous les cas il ne pouvait pas rester dans les murs chauds et protecteur de sa cuisine… Il allait devoir s'exposer au monde et aux yeux du noble… Il hocha la tête, encore un peu absent, plia et posa son torchon avant de commencer à faire les premiers pas pour sortir de son refuge de toujours.

Allons, il y avait peu de chance que le client le reconnaisse, il aurait fallu une combinaison de facteurs et de conditions qui rendait la chose hautement improbable, il ferait certainement face à un parfait inconnu et il n'éveillerait sans doute rien de plus chez cet homme. Il n'y avait pas de raison de s'inquiéter, tout irait bien. Il ne lui arriverait rien, il ne ferait pas face à son père. Personne ne reconnaîtrait le premier né de Bartholomé de Rem, personne ne hurlerai au crime, il ne se retrouverait pas contre le sol à essayer de se faire le plus petit possible, à cracher son sang, à ne même pas pouvoir hurler sa douleur alors que le monde serait flouté de larmes et d'éclairs lacérant son pauvre corps.

Mais malgré ça il se faisait déjà plus petit, comme s'il se préparait bel et bien à prendre une dérouillée. Il n'était pas tranquille, l'angoisse et cette bonne vieille peur le rongeait de l'intérieur alors qu'il traversait la salle commune pour se présenter devant la table.

-Votre seigneurerie, voici celui qui vous a préparé votre repas, le cuisinier de l'établissement.

Et, l'homme, ne disait absolument rien à Scipio.
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Siegfried se demandait s’il allait prendre un dessert. C’était pure gourmandise qui pouvait parfois avoir un sale contrecoup en cas d’indigestion, mais en même temps, s’il était aussi succulent que le plat principal… Mais aurait-il encore envie après le temps de la préparation si celle-ci était à nouveau longue pour correspondre à la qualité ?

Il ne put statuer sur la décision avant l’arrivée du cuisinier. Un rapide coup d’oeil ne montra rien de bien particulier : pas de tenue étrange, pas un physique sortant de l’ordinaire, et apparemment pas un comportement particulier. Les autres clients avaient l’air de l’observer également, sans doute à la fois pour découvrir à quoi ressemblait la personne qui faisait leur propre repas, mais aussi pour assister à ce que pouvait en dire le noble satisfait.

Une fois que le cuisinier se fut rapproché de sa table, Siegfried put l’observer de façon plus détaillée. Le Comte fronça légèrement les sourcils en regardant son visage. Ses traits le faisait tiquer, mais il ne savait pas exactement quoi… De plus, l’homme avait l’air inquiet ; si c’était compréhensible de par le fait qu’un aristocrate venait de demander à le voir, quelque chose en plus avait l’air de le préoccuper. Une posture un peu sur la défensive et des yeux légèrement fuyants trahissaient notamment une certaine crainte...

Peut-être que ce cuisinier avait des actions à se reprocher, mais en l’occurrence, Siegfried ne l’avait pas fait venir pour lui faire peur ou l’interroger de quoi que ce soit. Aussi se contenta-t-il de sourire et de réitérer ses compliments en personne :

- Monsieur le cuisinier, je voulais vous féliciter pour votre succulent poulet au miel. J’ai été réellement impressionné, et bien que le temps d’attente fut long, lorsque l’on voit le résultat, c’est tout à fait compréhensible et acceptable. Vous faites honneur à votre profession, et c’est Siegfried Luptan, Comte de Coeur-De-Pierre qui vous le dit.

En se présentant ainsi, Siegfried procurait à la taverne une certaine légitimité pour sa réputation, autre que simplement dire “les nobles aiment ça”. Se penchant vers la table, Siegfried croisa ensuite les mains en affichant un air plus sérieux. Il avait fini par trouver un compromis sur la gourmandise.

- Bien, j’ai cru comprendre que vous n’aimiez pas beaucoup parler, mais je souhaiterais connaître votre nom. Et je voudrais également un petit dessert léger, pas difficile à digérer.

...Mais malgré tout, ce visage lui disait vraiment quelque chose. Il ne l’avait jamais vu en tant que cuisinier, ça il en était sûr, alors quand aurait-il pu le croiser ?
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Scipio eut un petit sourire de satisfaction sur les lèvres alors que les compliments tombaient de la bouche de Siegfried, et qu'il se détendait petit à petit puisqu'aucun coup ou hurlement ne semblait être prêt de pleuvoir. Et surtout le noble ne semblait pas le reconnaître, et pour cause, Scipio n'avait pas souvenance qu'un Siegfried Luptan Comte de Coeur de Pierre ne soit jamais venu dans le fief de la famille de Rem. C'était un vrai soulagement, vraiment.

Dommage que cela ne dura pas, parce que si Scipio se ferait un plaisir de préparer au Comte de Coeur de Pierre un dessert, lui dire son nom alors là… Il ne pouvait simplement pas.

Parce que les dieux avaient oublié de lui donner la parole en le créant, parce que Shaeeli s'en était mêlée, qu'importe ? Le résultat était le même. Parce que s'il écrivait son nom pour répondre à la question cela soulèverait bien trop de questions… Parce que cela le mettrait bien trop en danger…

Il ne pouvait pas répondre. Il en était simplement incapable. Et déjà il se sentait se récroqueviller à nouveau sur lui même, dans l'attente d'un coup. Ne pouvait-il pas simplement rester Le Taiseux, rester à cette vie calme et tranquille à cultiver le jardin de plantes aromatiques et toxiques dans l'arrière-cour ? A cuisiner en gardant un oeil sur les petits commis ? Que June lui donne la force d'affronter ce qui suivrait. Comme elle l'avait toujours fait jusqu'ici.

Il ne pouvait que garder le silence. La tête baissée, désespérement mutique. Il allait s'en prendre une, c'était certain. Combien de fois avait-il vécu une situation semblable depuis son enfance ? Bien trop pour que l'on puisse compter. Et il se retrouvait encore une fois face au gouffre abyssal que l'attente des coups provoquait.

Il n'y avait pas d'autres possibilités pour Scipio que celle de se prendre une raclée, cela avait été son seul horizon durant si longtemps.
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Lorsque qu’il vit le visage du cuisinier se décomposer quand il avait demandé son nom, Siegfried fronça les sourcils. Cette demande anodine avait l’air de le gêner profondément, à en juger par sa posture beaucoup plus défensive, sa tête baissée et ses yeux fuyants. Le Comte interrogea du regard le tavernier, qui avait l’air de plus en plus mal à l’aise face au silence de son cuisinier. Silence qui allait grandissant dans le reste de la salle, le reste des clients observant avec une certaine fascination la scène improbable qui se déroulait sous leurs yeux. L’un des gardes de Siegfried brisa soudain le silence d’une voix mécontente.

- Le Comte Luptan vient de te poser une question, cuisinier !

Le Comte leva la main pour le calmer avant qu’il ne décide d’essayer d’extraire la réponse de façon brutale. Peut-être que cet homme avait en fait décidé de faire voeu de silence, auquel cas il était particulièrement malvenu de chercher à le lui faire briser pour une question aussi stupide... Il revint donc au tavernier qui ne savait plus où se mettre. Fort heureusement pour ce dernier, le calme inhabituel lui permettait de ne pas avoir trop de mal à entendre les questions de Siegfried.

- Dites-moi, tenancier, si votre cuisinier préfère garder le silence, peut-être seriez-vous en mesure de me renseigner à sa place ?

- E-eh bien c’est à dire que… Je ne le connais pas non plus, je suis navré Monseigneur… Il ne me l’a jamais révélé.

- Vraiment ? Voilà qui est surprenant. Pas même à l’écrit lors de son embauche ? Vous l’appelez juste “cuisinier” ?

- Plus exactement “le Taiseux” et ça a l’air de lui convenir… Et je vous avoue qu’étant donné sa cuisine, je n’ai pas cherché à savoir à tout prix.

Siegfried réprima un rire en entendant le surnom. Le Taiseux… Voilà bien un terme qu’on n’entendait pas fréquemment dans la noblesse. Il était tout de même curieux quand à ce jeune homme silencieux, et n’abandonnait pas son envie de connaître son nom. D’ailleurs, son intérêt n’en était que renforcé en vérité. Le Comte reporta son attention vers le mystérieux muet, toujours concentré sur le plancher.

- Regardez-moi, cuisinier. Vous pouvez garder le silence si vous le voulez vraiment, mais moi, je voudrais toujours un dessert. Vous n’aurez qu’à écrire votre nom dans l’assiette, avec une sauce ou une crème par exemple. Cela fera office de signature.

Siegfried lui offrait une option. Maintenant, il fallait voir ce qu’il allait en faire.
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Le silence grandissait de seconde en seconde, toujours plus lourd et pesant. Scipio en avait l'habitude, depuis le temps le contraire aurait été vraiment lamentable.

Oui, il avait entendu, il été muet, pas sourd ! Le garde pouvait bien crier aussi fort qu'il voulait la situation ne changerait pas. Il ne pouvait pas répondre, merde. Pourquoi fallait-il toujours que ça tourne comme ça ? Il se tient prêt à recevoir un coup ou à être secoué, encore quelque chose qui ne changeait pas.

Mais rien ne vient, le Comte Luptan avait calmé son homme d'un geste, le retenant de faire un excès de zèle. Il échangea ensuite avec le tavernier.

Oui Le Taiseux ça lui allait. C'était simple et assez vrai. Alors il chipotait pas et l'adoptait volontiers. On lui avait donné des noms bien pires après tout, le Taiseux c'était assez mignon.

Ah mais ce n'est pas qu'il ne voulait pas, il était comme tout le monde il n'aimait pas particulièrement se compliquer la vie. La sienne avait juste décidé de lui filer un joli handicap. Scipio acquiesça en regardant le Comte avant de s'incliner respectueusement pour marquer son départ et son respect.

Devait-il écrire son nom conformément à la demande du Comte ? Cela ne lui coûterait pas grand chose pour le moment, mais les conséquences risquaient d'être lourde. Cela revenait à avouer qu'il savait lire et écrire. Et donc qu'il avait eu accès à une certaine éducation. Et de fil en aiguille une filiation avec la noblesse ou la bourgeoisie. On n'attendait pas ça d'un cuisinier.

Si le Comte concluait à des origines bourgeoises il s'en tirerait bien, mais si c'était les nobles qui remportaient sa faveur… Eh bien il était dans une sombre merde jusqu'au cou ,au moins.

Il fallait qu'il se décide, et vide, l'assiette était déjà presque complètement dressée avec la part de tarte, à la pâte dorée comme un champ de blé mûr sous un soleil d'été et à la garniture à la cerise d'un carmin riche et pulpeux, comme un tafeta luxueux et ostentatoire. Ne manquait plus que la touche blanche et aérienne de la crème onctueuse qui devait l'accompagner.

Alors, il écrivait, oui ou non ?

Au final, ce fut le bon vieux conditionnement par la peur qui l'emporta, sans même qu'il en eut vraiment conscience. Il traça à la douille dans une écriture soignée et élégante les six lettres qui composaient son nom, avant d'aller amener lui-même l'assiette au Comte Siegfried Luptan, sans un mot.
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L’échange se termina ainsi sans plus de problème, et le bruit revint progressivement dans la taverne. Décidément, songea Siegfried, je ne devrais pas venir souvent dans les établissements du peuple, ça a une fâcheuse tendance à devenir silencieux quand je suis là. En tout cas, il se demandait ce qui allait arriver pour le dessert, et si ça allait aussi prendre beaucoup de temps à préparer. Ce n’est pas que l’endroit lui déplaisait, mais ses gardes allaient finir par avoir des crampes à rester ainsi debout...

Au final, ledit dessert arriva sans trop tarder. Il n’avait pas besoin d’être cuit et cela avait sans doute considérablement réduit le temps de préparation. Ce fut le cuisinier lui-même qui apporta l’assiette, ce qui étonna légèrement Siegfried tout en le flattant. Il posa donc les yeux sur le dessert, une bien belle part de tarte prometteuse, et sur le nom juste à côté : Scipio. Ce nom ne lui dit pas grand chose, mais le chef aurait pu choisir un pseudonyme s’il voulait garder son secret… Mais cela lui apprit néanmoins deux choses importantes.

La première était qu’il savait bel et bien écrire, donc qu’il avait eu une éducation correcte ; d’ailleurs, le style délicat de l’écriture indiquait plutôt un milieu favorisé, étant donné que ceux qui avaient à peine les moyens d’apprendre ça ne s’encombraient pas d’écrire particulièrement bien. La seconde était qu’il avait moyen de communiquer efficacement s’il le voulait. Donc, s’il ne l’avait jamais fait avec le tenancier, c’est qu’il voulait limiter la communication malgré tout.

Tout en dégustant la tarte, Siegfried réfléchissait. Il sentait qu’il y avait quelque chose d’étrange dans tout ça : le visage, le mutisme, l’écriture… et la crainte. Le Comte avait l’impression que son subconscient tapait à la porte pour lui dire quelque chose. Il leva les yeux vers Scipio qui restait là dans l’expectative, le temps qu’il finisse le dessert, regardant ce visage inquiet. Mince, où donc avait-il déjà vu ces traits ? Siegfried lui aurait bien demandé où il vivait avant de travailler à la Biche Blanche, mais s’il voulait une réponse il faudrait que le cuisinier l’écrive, et visiblement celui-ci préférait éviter pour une raison ou pour une autre…

Finalement, il termina la tarte qui avait été excellente. Il n’hésita pas à complimenter à nouveau son créateur en dépit de toute interrogation en suspens.

- Ce fut encore une fois délicieux, monsieur le cuisinier. Vous pouvez vraiment être fier de vous.

Il jeta un coup d’oeil vers le tavernier qui se tordait les mains en arrière-plan. Avait-il à savoir que “le Taiseux” savait écrire ? Sans compter les autres clients… Bon, si Scipio voulait limiter les questions qu’on pouvait lui poser, Siegfried décida de ne pas lui causer plus de problèmes… En tout cas pas tant qu’il n’en saurait pas plus sur lui. Essuyant distraitement le nom sur l’assiette, il s’adressa à nouveau à son interlocuteur.

- J’aurais préféré vous appeler autrement, mais il est fort dommage que vous ne sachiez pas écrire, n’est-ce pas ? Enfin, si vous continuez à cuisiner comme ça, c’est là un moindre problème. Je reviendrai peut-être à l’occasion. Tenancier, la note je vous prie.

L’intéressé s’affaira rapidement à faire le compte. Et pendant ce temps, le Comte continua à observer le cuisinier en dissimulant un léger sourire…
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Il attendait que le jugement tombe, pas sur sa cuisine, il savait déjà à quoi s'en tenir là dessus. Mais c'était la réaction de Siegfried qui le laissait dans l'expectative. Sa vie pourrait à nouveau changer du tout au tout selon la réaction du noble. Il pourrait même la perdre au final.

Et le Comte Luptan choisit de… le couvrir. Pourquoi, ça le jeune n'en avait aucune fichue idée. Mais les fait étaient là: le noble avait délibérément choisi de conserver le statu quo qu'il avait trouvé en arrivant sur les lieux. Et le jeune homme n'était pas en position de discuter ou de désirer démentir cette information. Il s'inclina respectueusement devant le client prestigieux, comme pour recevoir ses compliments mais aussi pour le remercier de ce petit mensonge.

Oh, bien sûr il avait encore de la crainte. Cet incident, comme le fait qu'il n'ait pas employé de pseudonyme, pouvait lui retomber tôt ou tard sur le bout du nez. Et avec violence, comme cette pomme sur le pif de cet abruti qui s'était endormis sous un pommier. Et pour le coup, Scipio était peut-être en train de s'allonger sous un arbre. Un arbre sous lequel pousserait des enclumes, ou des masses d'armes.

Alors que le tenancier faisait l'addition de la commande du Comte, Scipio s'inclina une dernière fois devant ce dernier et alla rejoindre sa cuisine. Son esprit tournait à vide, ce n'était pas quelque chose à laquelle il s'attendait. Les coups, les cris, ça il pouvait gérer. Mais ça, ça lui était totalement inconnu… Surtout de la part d'un Comte. L'affaire était certainement loin d'être finie, mais il n'avait que peu de repères concernant ce qui risquait de suivre.

Seul le Temp lui donnerait une réponse.
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Message  Re: Un noble repas (FT Scipio de Rem)  par Contenu sponsorisé
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