La valse du Pouvoir - Forum RPG

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Un noble repas (FT Scipio de Rem)

La valse du Pouvoir - Forum RPG :: Taverne de la Biche Blanche

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Blason de la famille Luptan
Coterie : Comté de Coeur-De-Pierre
Rang social / Titre : Comte, Maître de Guerre
Age : 36
Métier : Haut dirigeant de l'Ordre des Guerriers
Fiche : Siegfried Luptan
Journal : Journal de Siegfried
Situation familiale : Marié avec quatre filles
Nationalité : Alévienne
Divinité favorite : June
Siegfried observa Scipio retourner à sa cuisine, puis lorsqu’il eut quitté la salle reporta son attention sur le tavernier qui arrivait avec l’addition qu’il déposa sur la table, avant de vite se retirer sous l’oeil inquisiteur du garde zélé du Comte. Siegfried prépara l’argent requis et sortit ensuite une feuille de papier, sur laquelle il écrivit un message.

Scipio,

Vous cachez visiblement quelque chose et ça ne m’a pas échappé : tout le monde ne sait pas écrire, encore moins aussi bien que vous. J’ai choisi de ne pas vous mettre en défaut en public, toutefois, en tant que conseiller de sa majesté, je me dois de m’assurer de ce qui peut intriguer au sein de notre capitale.

Aussi, afin d’éclairer les zones d’ombres actuelles, j’apprécierais que vous m’expliquiez exactement de quoi il retourne. Je vous enjoins donc à adresser une missive à ma personne dans un délai d’une semaine au siège de l’Ordre des Guerriers si vous ne souhaitez pas vous y déplacer en personne.

Amicalement,
Comte Siegfried Luptan

PS : Encore une fois, le repas était excellent, aussi voilà un pourboire pour vos services.


Une fois cette lettre écrite, il la glissa dans une petite enveloppe accompagnée de trois pièces d’or. Il rappela le tenancier et lui tendit le paiement ainsi que la lettre.

- Mon humble établissement fut honoré de votre visite monseigneur. J’espère que tout s’est bien passé pour vous...

- Oh oui, oui, c’était excellent, je vous remercie. Oh, veuillez transmettre cette enveloppe à votre cuisinier, c’est un petit cadeau de ma part. Au revoir, tenancier.

Et là-dessus, le Comte sortit de la taverne flanqué de ses deux gardes ravis de pouvoir enfin bouger. Il n’était pas sûr que ce mystérieux cuisinier accepte de lui répondre, ou qu’il ne lui dise la vérité, mais quelle que soit la réaction cela lui donnerait une information supplémentaire… Il se disait qu’ajouter “Amicalement” adoucirait un peu le ton du message, sans doute assez menaçant : même un innocent, s’il est terrifié, peut agir de façon inconsidérée.

Bon, ce serait mieux que tout se passe en douceur, se disait Siegfried, j’aimerais bien pouvoir revenir manger ici à l’occasion.
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Age : 21 ans
Métier : Cuisinier
Fiche : Ici
Situation familiale : Célibataire
Divinité favorite : June
Et effectivement la pomme tomba bien sur le nez du jeune homme, avec force et fracas. Bien plus tôt qu'il n'aurait pu le prévoir, juste quelques minutes après qu'il ait rejoint les murs rassurants de sa douce cuisine, alors qu'il nettoyait sans y penser les surfaces pourtant déjà étincelantes de propreté.

Lorsqu'il vit l'enveloppe l'appréhension le saisit à nouveau lorsqu'il vit l'enveloppe que lui apporta le tenancier. Il n'entendit pas ce qu'il lui disait tant en la lui tendant, il n'en avait pas besoin, il savait très bien de qui elle venait. Mécaniquement il se retira dans un coin isolé, la regardant dans le blanc du papier avant de finalement l'ouvrir, et le poid qu'elle lui semblait peser n'avait rien à voir avec le grassouillet pourboire de trois pièces d'or qui y avait été glissé.

C'est en réfrénant un tremblement qui menaçait d'ébranler son corps tout entier que le jeune homme se saisit du papier noirci d'encre et se mit à en déchiffrer les funestes symboles.

Bordel. Bordel. Bordel. Bordel. Bordel de putain borgne de moine de merde.

S'il avait pu, il aurait hurlé, crié et tempêté il aurait sorti et craché les pires insultes qu'il connaissait. Mais s'il avait pu, il ne serait pas là aujourd'hui, il ne serait pas dans cette merde noire.

Sans y penser il froissa puis déchira le papier en des centaines de petits morceaux, il en fit des confettis. Ne pas laisser de traces. Ces fragments aussi lourds que du plomb il retourna dans sa cuisine et les jeta sur les braises de ses fourneaux. Les fixant jusqu'à ce qu'il soit sûr que ces damnés confettis soient complètement partis en fumée.

Puis il retourna frotter les surfaces, frénétiquement cette fois. Comme si elles s'étaient d'un coup retrouvées couvertes d'une couche de crasse épaisse et dégoûtante. Et pour lui, les surfaces ne lui paraissaient en effet pas encore assez propres. Il frottait, frottait, frottait, sa main crispée au point que ses jointures en étaient devenues blanches autour du tissus du chiffon. Son esprit tournait à pleine vapeur, dans un enchevêtrement enfiévré et brouillon. Il était coincé, foutu, pris au piège.

Il pouvait s'enfuir, encore mais pour aller où ? Il avait un début de vie ici, un endroit qu'il pouvait appeler "maison". Cela lui briserait le coeur de devoir abandonner tout ça.

Scipio n'avait jamais menti à proprement parlé, il n'avait jamais eu les mêmes occasions que la plupart des gens. Et souvent laisser entendre ce que les gens voulaient dans le silence suffisait.

Mais dire la vérité n'était pas une option, vraiment pas.

Il fallait qu'il réponde à cette missive. Il le fallait. Le Comte aurait les réponses qu'il voulait.

Scipio avait attendu que tout le monde dorme, quelques heures avant l'aube et que les préparatifs que l'ouverture du commerce commencer. Une heure où il ne risquait pas d'être vu par qui que ce soit.

Sous la lumière vacillante et tenue d'une bougie le jeune homme traça les lettres d'une version modifiée de son histoire. Une vérité retranscrite et légèrement modifiée. Il dut s'y reprendre à plusieurs reprises, il ne voulait pas trop mettre de lui, de son passé sordide dedans. Mais au final cela semblait impossible.

Il n'arriva qu'au résultat suivant.

Vous avez effectivement raison, je cache quelque chose, mais ce n'est rien d'autre que moi même. Je suis né dans une famille bourgeoise assez aisée, et si j'y ai reçu une très bonne éducation, je n'y ai jamais été heureux. La rancoeur et l'amertume sont compréhensibles quand votre premier né se révèle incapable de parler et ainsi une source de honte inépuisable.

Je n'étais pas le bienvenu, surtout pas après la naissance de mon frère cadet en pleine santé et possession de ses moyens. Un héritier bien plus convenable que moi pour reprendre les affaires de la famille, c'est certain et il a d'ailleurs était élevé pour assumer ce rôle plus tard.

J'aurais été un jour ou l'autre un sérieux obstacle sur ce chemin tout tracé. Je suis donc parti, rien ne me retenait après tout.

Je ne tiens pas à ce que ma famille puisse me retrouver cela n'apporterait que des ennuis à tout le monde. Et je n'ai personnellement aucune envie de renouer un quelconque contact avec les membres de ma famille.

Vous savez tout désormais et je ne peux laisser la suite qu'à votre discrétion.

Scipio.

Il envoya la missive avec le nom de son destinataire en fin de journée, après le service du soir.

Alea jacta est.
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