La valse du Pouvoir - Forum RPG

RPG d'intrigue

Forum actuellement en Bétatest, merci de votre indulgence!

Campus d'Alévia - AU

La valse du Pouvoir - Forum RPG :: Détente :: Défouloir RP


avatar
Message  Campus d'Alévia - AU  par Frivole le Ven 28 Sep - 23:55

Coterie : L'Écume d'un Rêve
Rang social / Titre : Le Favori
Age : 36 ans
Métier : Courtisan de luxe, propriétaire de l'Écume d'un Rêve
Fiche : #Frivolitude
Journal : Par ici, petits curieux...
Situation familiale : Éternellement célibataire... au grand dam de nombreuses personnes
Nationalité : Shaïm
Divinité favorite : Khel
Alors voilà ce que ça donne de me donner des idées étranges.
Voilà le premier épisode du Campus d'Alévia, votre saga humoristique basée sur l'historique du forum et transposée dans un monde moderne... Plus précisément, dans une université.
On verra si j'ai assez d'inspiration et de matériel pour écrire une suite plus tard. En attendant, j'espère que vous vous marrerez en le lisant autant que moi en l'écrivant.




Épisode 1
Le Scribe Éternel


Le proviseur en était à sa cinquième tasse de café, et estimait que ce n'était toujours pas assez pour tenir le choc. Surtout lorsque la vue de sa fenêtre donnait directement sur la cour du campus universitaire, où les sirènes de la police répandaient des traînées rouges et bleues dans la brume matinale. Deux mois de poste à peine, et il comprenait parfaitement pourquoi son prédécesseur avait rendu son tablier. Les postes de professeur à l'Université d'Alévia (UA) étaient mieux payés qu'ailleurs pour une bonne raison.

La porte s'ouvrit derrière lui, laissant entrer un homme dans la fleur de l'âge. Ni trop jeune, ni trop vieux, on lui donnait aisément la trentaine, ou peut-être quarante ans à tout casser. Les cheveux bruns coupés court et un costume gris terne sur les épaules, il était interchangeable avec n'importe quel autre membre de l'administration. Du moins, en apparence. En pratique, c'était une autre affaire ; ce type parfaitement ordinaire était exactement ce que le proviseur attendait. Du moins, s'il en croyait sa secrétaire. Appelez l'Éternel, qu'elle lui avait dit, et lui, désemparé par la tournure dramatique qu'avait pris son quotidien, s'était passé une main sur le visage et avait appelé ledit homme aux alentours de six heures du matin.

-Vous avez fait vite, monsieur l'Éternel, fit remarquer le proviseur en reprenant place derrière son bureau.
-C'est pas mon nom mais ok, répondit-il nonchalamment en se préparant une tasse de café comme si ce bureau était le sien.

Le proviseur se redressa par réflexe pour lui serrer la main, mais l'autre s'était déjà posé sur une chaise, les jambes croisées, humant le parfum corsé du café.

-Pourquoi vous appelle-t-on comme ça, alors ? demanda-t-il, cédant à sa curiosité.
-Oh, c'est vrai que vous êtes nouveau dans le coin, monsieur le proviseur... L. Déorum ? Sérieux ?
-C'est un nom comme un autre.
-Ok Dédé. Je peux vous appeler Dédé ?
-Au point où on en est, souffla le proviseur.

Visiblement satisfait de ne plus avoir à prononcer les mots Monsieur le proviseur à l'avenir, l'Éternel sirota son café, le posa sur son bureau, et commença à exposer son CV d'un ton expert.

_ _ _

L'Éternel n'avait évidemment pas gagné son surnom nulle part. La vérité, c'est qu'il était arrivé à l'UA on ne savait plus trop combien d'années avant exactement pour faire ses études. Le portrait typique du petit surdoué paumé dans ses nouvelles bottes d'étudiant, ses yeux grands ouverts derrière ses grosses lunettes pour ne rien louper du spectacle, et la volonté d'apprendre toujours plus. Et puis, il avait eu son diplôme. Et un deuxième. Et un troisième. Maintenant, il avait un certain âge et continuait à assister aux cours. On le retrouvait dans tous les bâtiments, toutes les filières et tous les niveaux sans distinction, à prendre des notes, faire des conférences... Les étudiants ne savaient plus s'il était un élève ou un prof, et si l'Éternel était honnête, il était un peu des deux. Toujours présent à l'université, profitant de son expérience et de son bras long pour observer la vie du campus comme personne, au point qu'on lui avait confié des responsabilités dans le journal universitaire, le Héraut. C'est comme ça que, dans la tête des gens, il était devenu le Scribe Éternel. L'Éternel, pour faire court. Mine de rien, il y avait pire comme sobriquet.

_ _ _


-Voyez, l'Éternel, j'ai un souci de la plus haute importance...
-J'avais cru remarquer, Dédé.
-Tous les bâtiments sont bloqués, les étudiants sont en révolte... Je n'ai jamais vu une catastrophe de cette ampleur dans toute ma carrière, et j'ai vraiment besoin de savoir ce qu'il s'est passé exactement.
-C'est maintenant que vous vous inquiétez ?
-Répondez à ma question.

L'Éternel soupira. Réveillé en sursaut à six heures du mat' pour expliquer à un vieux coincé comment fonctionnait l'UA. Il avait rarement connu de pires matins. Ça ne battait pas encore la fois où il s'était réveillé avec Frivole dans son lit, mais tout pouvait encore arriver.

-Au fond, c'est sacrément simple. Une rumeur a provoqué toutes les coteries, ça s'est foutu sur la gueule, fin de l'histoire.
-Non, non. Je veux dire, je n'y comprends rien, à votre système de coteries, d'alliances, de...
-Ah si vous le prenez comme ça, Dédé, je vais être obligé de tout reprendre depuis le début, et là, on n'est pas sortis de votre bureau !
-Que voulez-vous que je fasse d'autre ? L'université est fermée. J'ai tout mon temps.

Le proviseur avait l'air sérieux. L'Éternel alla se chercher une deuxième tasse de café en traînant les pieds, se frotta les mains, et commença à raconter.

_ _ _


Bon, hé bien, s'il faut être honnête, il faut revenir sacrément en arrière, à la génération précédente. Et plus spécifiquement, aux Quatre Dieux d'Alévia. Oui, je sais, vous pensez que cette vieille histoire n'a rien à faire là, on était censés parler de Catalina, mais vous allez voir, vous avez besoin de connaître tout ça pour comprendre la suite.

Donc, il y a un peu plus de vingt ans, l'UA venait d'être refaite mais le corps étudiant était toujours le même ; une bande de sans foi ni loi qui nous faisait honte. Et là, quatre sauveurs sont arrivés en même temps comme une bénédiction. Orion, c'était l'économiste du groupe, un administrateur de génie, il travaille toujours ici d'ailleurs. Vous avez forcément entendu parler de Khel, l'artiste, c'est lui qui a fondé le Héraut. Ensuite, vous avez June, qui a flanqué une telle rouste à toutes les équipes sportives masculines qu'on a été obligés de créer des équipes mixtes, et tout le monde a fini par s'y mettre. Et la dernière...

Bon, je vais pas y aller par quatre chemins : Shaeeli était aussi douée que les trois autres réunis. Pas besoin d'y réfléchir longtemps pour comprendre qu'il y avait quelque chose de pas net chez elle. Résultat, elle se dopait, et pas qu'un peu. Au début, ça passait sous le manteau, mais elle a commencé à fournir sa came à d'autres, et au bout du compte, elle s'est lancée dans les substances dures. Et ses trucs marchent. Du moins, tant que vous ne vous faites pas prendre. Sauf qu'au bout d'un moment, les trois autres ont pété un câble et ils ont appelé la police. Shaeeli a été virée et interdite d'approcher le campus à vie. Et ça ne nous a pas apporté que de la bonne publicité, vous savez ; il a fallu les efforts des trois Dieux restants pour qu'on puisse relever la tête.

Mais après, ils se sont aperçus qu'un club SM avait ouvert dans la rue juste à côté du bâtiment des arts. Pas le genre discret ou transparent, voyez, plutôt le genre... chelou. Y compris par rapport aux autres clubs du même genre. Ils sont retournés voir Shaeeli, et quand ils lui ont répété qu'elle ferait mieux de se tailler, elle s'est mise à pleurnicher en disant que ce n'était pas elle, mais sa sœur jumelle. Shaariss. Vous en connaissez beaucoup des jumelles avec des prénoms qui se ressemblent autant ? À moins d'avoir des parents salauds, évidemment... En tout cas, ils n'ont jamais trouvé de preuve qu'elle continue son trafic, mais le mal était déjà fait. Les gens la détestaient, ils avaient la certitude qu'elle continuait à dealer sur le campus, et il fallait agir au plus vite.

Comme d'habitude, tout s'est orchestré autour des Trois Dieux. Les gens qui les avaient soutenus par le passé ont monté une espèce d'union totale, une milice aux allures de police privée à la limite du culte fanatique, avec pour objectif principal de bouter Shaeeli dehors. Du coup, à chaque fois qu'ils trouvent quelqu'un qui utilise ses produits, ils trouvent les preuves, ils prennent des photos, et ils le foutent dans le Héraut, il part comme les petits pains de Tris... Le lendemain, le type est banni de tous les bâtiments, et bien souvent, il se fait attraper et envoyer en désintox, et on n'entend plus jamais parler de lui. C'est radical. Tellement radical que, dans le jargon, on appelle ça brûler quelqu'un.

_ _ _


-C'est donc ça dont j'ai entendu parler, coupa Dédé au milieu du récit. Dire que j'ai passé deux mois à me demander pourquoi vous parliez tous d'incendies !
-Oh, il y en a eu des incendies. Des vrais. Pour cramer les preuves.
-Vous n'êtes pas sérieux ?
-Dites ça aux cultistes qui veulent régler leurs comptes eux-mêmes.
-Doux Jésus.
-Hé, reprenez du café, Dédé. On arrive à la partie qui vous intéresse.

_ _ _


Bref, quelque part au milieu de tout ce bazar et alors que nos quatre fantastiques étaient à l'heure de gloire, les gens ont commencé à se disputer pour savoir lequel des quatre était le meilleur, et ont décidé d'élire un roi et une reine du campus. Sauf qu'ils se sont tellement mis sur la gueule que le temps qu'ils s'accordent sur l'organisation et le contrôle des votes, les quatre avaient déjà fini leurs études. En résumé, l'élection existe à cause d'eux, donc par extension, cette histoire est de leur faute. Mais comme je me doute que ça ne va pas vous satisfaire, je vais continuer.

Tout ça pour dire que cette année, les élus étaient l'évidence même. Quand vous demandiez autour de vous au RU (restaurant universitaire), tout le monde vous disait qu'il n'y avait pas plus beau petit couple que Louens et Catalina. Ces deux-là étaient faits l'un pour l'autre, toujours fourrés ensemble, le genre qui vous fait croire aux Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Évidemment, leurs noms sont sortis, il y a eu une grande cérémonie, et ça aurait dû s'arrêter là.

Sauf que voilà, un matin dans le Héraut, tout le corps étudiant trouve imprimée noir sur blanc la fameuse Rumeur avec un grand R : la reine trompe le roi. Je vous laisse déjà imaginer la tête qu'on a tous fait en lisant ça. Surtout nous, à la rédaction du Héraut. C'était un lundi matin, on avait tous la tête dans le cul après les fêtes du week-end, et on s'est tous retrouvés coincés dans une pièce à tenter de savoir qui avait foutu ce bout de papier dans notre rubrique de commérages anonymes. Évidemment, on n'a jamais retrouvé le coupable, et les journaux étaient déjà dispersés dans la nature.

Ensuite, ça a provoqué un tollé pas possible, parce qu'évidemment, le souci, c'est leur gosse. Catalina avait annoncé qu'elle était enceinte deux semaines plus tôt à la soirée d'Élias, Louens avait pleuré de joie, et il avait été jusqu'à envoyer au Héraut le prénom qu'il donnerait au bébé. Certes, il était un peu bourré quand il l'a fait, mais Catalina n'a évidemment pas trop apprécié. Ils avaient tout planifié, de leur mariage au printemps au quartier dans lequel ils emménageraient ensemble après avoir passé leur diplôme, et voilà que la Rumeur leur tombe dessus.

Clairement, Louens, il n'y croyait pas. C'était sa permière et dernière petite copine, sa future femme, la prunelle de ses yeux, il allait la demander en mariage en décembre devant le sapin artificiel du RU, ça ne pouvait pas être vrai. Mais, comme toujours, il a pensé à Catalina en premier, et il lui a demandé de suivre ce qu'il lui restait de cours par correspondance. La reine, ça ne lui a pas trop plu, mais elle a fini par être d'accord, sauf que ça ne l'a pas sauvée de la pression sociale. La Rumeur était lancée, et sincèrement, elle aurait pu choisir de tomber à un meilleur moment.

_ _ _


-Comment ça ? Vous croyez sincèrement qu'il y aurait pu avoir un bon moment pour ça ?

L'Éternel croisa les bras d'un air sérieux.

-Hé, Dédé, on est amis maintenant, arrêtez de douter de moi. Oui, c'était clairement pas le bon moment, parce qu'à l'époque tout le campus était déjà secoué par quelques affaires plutôt sordides. Vous avez entendu parler de la controverse du RU ?
-Vous voulez dire, cette période où tout le corps universitaire a déserté le RU ?
-Yep. Tout ça parce que le proviseur de l'époque refusait de revoir le budget pour les plats du self. Sans la boulangerie de Tris et le restaurant de Scipio, on serait tous morts de malbouffe. Mais en vrai, c'est l'intervention du culte qui a tout précipité.
-Oui, j'en ai entendu parler... J'allais vous demander de m'expliquer ça.

Le proviseur fit glisser une feuille en direction de l'Éternel, qui grimaça immédiatement. Il s'agissait d'une impression d'écran d'un échange de SMS qu'il ne connaissait que trop bien.


Un bruit sourd retentit dans le bureau du proviseur lorsque le Scribe Éternel se frappa la tête contre le bureau de désespoir.
Voir le profil de l'utilisateur


"Vos désirs sont des ordres."

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum